Choisir sa gamme de lunette de tir :

Dans cet article, nous parlerons des différents critères à vérifier pour le choix d’une lunette destinée au tir, la chasse sera un peu moins concernée.


Nous détaillerons particulièrement les différences entre une lunette d’entrée de gamme et une lunette de très haut de gamme de caractéristiques à priori similaires.

Le critère le plus restrictif étant, comme toujours, le budget.


Cependant, nous verrons qu’il est souvent plus intéressant à long terme d’opter pour une optique plus simple mais de bonne qualité que pour une lunette plus complète de qualité inférieure, que l’on sera amené à remplacer plus tard.


Commençons par définir ce qui fait qu’une optique coûte 200 ou 2000 €.


Tout le monde citera en premier lieu la qualité des matériaux, ce qui est vrai, et nous le verrons, critique pour certaines pièces. 

Mais le plus cher dans tout produit transformé n’est jamais la matière première, la qualité d’usinage, la précision de cet usinage, le matériel nécessaire pour le réaliser est sans aucun doute le plus dispendieux : si l’on demandait à un très grand fabriquant de lunettes de grandes précision de fabriquer une lunette dans des matériaux moins nobles que ceux habituellement utilisés, le coût de fabrication en serait pratiquement inchangé, l’inverse n’étant pas vrai !


La plus grosse différence se fait donc sur les matériaux employés bien sûr, mais surtout sur les choix technologique, et la précision dans la réalisation.


Concrètement, qu’est que ça change ?


Premièrement la qualité mécanique globale de la lunette :


-Une lunette de très bonne qualité sera plus solide, plus durable, du fait des matériaux employés, mais surtout du fait de l’ajustement et du dimensionnement des différentes pièces entre elles.

Une lunette bas de gamme ne supportera pas le tir répété de plus ou moins gros calibres et prendra très vite du jeu au niveau des différents réglages : elle se déréglera en permanence, là ou une lunette dont les mécaniques sont plus solides et plus finement ajustés restera stable des décennies. Un tireur au .22LR et un tireur au .338LM n’ont donc pas les mêmes besoins de ce point de vue.


-Une lunette haut de gamme permettra une compensation du tir à la tourelle, vent et flèche, là où une lunette plus abordable ne fera pas le job, pour plusieurs raisons :

-Justesse du réglage : la valeur du clic doit être parfaitement juste, constante, et connue pour compenser son tir « au clic » comme il se doit en Tir Longue Distance. Cette précision est malheureusement très coûteuse à mettre en œuvre et fait partie des détails qui n’en sont pas, dès lors que l’on commence à éloigner son tir.

-Retour au zéro affiché : les lunettes de TLD fonctionnent par « zérotage » : une fois la lunette réglée sur une distance donnée, par exemple 200m, les tourelles sont désolidarisés du système et remises sur « 0 » sans que le réglage soit changé. Pour un tir à 200m sans vent dans notre exemple, les deux tourelles afficherons donc « 0 ». 

On pourra dès lors compenser la dérive (vent, dérive gyroscopique…) et la flèche (distance….) en utilisant nos tourelles, sans craindre de perdre notre réglage initial, qui est au « 0 ». Ce principe d’utilisation nécessite cependant que la valeur du clic soit constante, et la certitude que le réglage une fois les tourelles remises à « 0 » soit bien celui d’origine. Ce qui est quasi inexistant sur le bas et même milieu de gamme.

-Usure des mécaniques : Dès lors que l’on utilise sa lunette « comme il se doit » en compensant au clic, il est évident que les mécaniques de réglage sont très souvent sollicitées. Ce stress répété sur ces pièces qui se doivent d’être de grande précision, peut donc, si elles sont un peu « légères » ou réalisées dans un matériau inadapté, provoquer à la longue une perte de la précision du réglage, voir une casse. Ce problème est en général celui qui se présente en premier sur les optiques d’entrée de gamme utilisées de la sorte.



Deuxièmement la qualité optique de la lunette :


-Une lunette de bonne qualité, du fait de la qualité des verres, de la précision de leur fabrication et de la qualité de leur traitement, produira une image claire sur toute sa surface, lumineuse, et dont les couleurs sont respectées. 

Certains de ces paramètres peuvent paraître anecdotiques dans le cadre de la chasse en battue ou l’on ne vise que le temps du tir, sur de très courts instants, mais il en est tout autrement pour le tir à moyenne ou longue distance :

En effet, lors d’une séance de TLD, le tireur passe la majorité de sa séance l’œil dans la lunette, et là, tous ces paramètres sont extrêmement importants, même le respect des couleurs, car tout myope sait que lorsque l’on utilise une optique imparfaite sur une longue période, notre œil fatigue en cherchant à compenser ces défauts d’image. La vue devient floue, moins précise, et l’on ressent assez rapidement fatigue générale et maux de tête. Ce seul fait devrait inciter à l’achat d’une optique de qualité même pour du tir à relativement courte distance dès lors que les séances deviennent régulières et/où prolongées. L’utilisation intensive d’une optique mal réglée ou inadapté peut même aboutir à la nécessité de port de verres correcteurs.


-Dans le cas d’une lunette à grossissement variable, il est un paramètre souvent négligé et pourtant primordial : le maintient du point d’impact quelques soit le grossissement. Cela peut sembler couler de source, et pourtant ce n’est pas si courant, surtout après quelques années d’utilisation lorsque les jeux mécaniques s’ajoutent aux imprécisions de l’optique. Une lunette à grossissement fixe peut donc être un choix cohérent pour alléger le budget.


-Peu de lunettes d’entrée de gamme restent nettes à fort grossissement, aussi il est souvent préférable d’opter pour une lunette avec un grossissement maximum un peu plus faible si l’on ne veut pas monter trop en gamme. Cela pourra permettre l’achat d’une lunette de meilleur qualité au caractéristique un peu moins poussées pour un tarif proche.



Troisièmement le réticule de la lunette :


Il ne sera pas question ici du choix de type de réticule qui est un sujet bien trop vaste, mais des différents choix technologiques disponibles et des paramètres à prendre en compte.


Nous nous arrêterons sur deux cas généraux : les réticules simples type croix (cross hair, réticule 4….) et les réticules à « mesure » (mildot, ballistic…..).



-Les réticules simples types croix ne présentent pas de difficulté particulière, et doivent simplement choisis en fonction du goût de chacun pour ce qui concerne sa finesse, son éclairage éventuel… Il peut être placé sur le second plan focal puisqu’il n’a pas de fonction de mesure.


-Les réticules à repères sont plus sensibles à la qualité de fabrication :

-Il est primordial que les valeurs mesurées soient toutes exactes, le tracé net et constant. Un mil doit faire un mil. 


-Ce type de réticule, comme tous les réticules, peut être placé :


-sur le premier plan focal, il grossit alors en même temps que l’on augmente le grossissement de la lunette.


-sur le second plan focal, il sera alors toujours de la même taille pour l’utilisateur, quelque soit le grossissement affiché.


Il semble y avoir des partisans inconditionnels des deux écoles, aussi voyons plutôt les avantages et inconvénients de chaque cas :


-Second plan focal :

Le réticule est toujours de la même taille dans l’optique pour l’utilisateur, ce qui fait qu’il reste très fin et ne couvre donc pas la cible, c’est souvent pour cela qu’il est plébiscité, MAIS : le principe du mildot est que la mesure du « mil » entre deux point fait, projeté sur la cible, le millième de la distance : à 1000m, l’écart de deux points sur la cible fera 1m, 50cm à 500m, 10cm à 100m….. Si le réticule ne varie pas avec le grossissement, l’image de la cible va changer, mais pas le réticule : il ne peut donc être juste qu’a un grossissement bien précis qui n’est bizarrement jamais donné par le fabricant et doit donc être déterminé par expérimentation !!! Pour nous, un mildot ou un réticule du même type est de fait inadapté à ce type de montage.


-Premier plan focal :

Le réticule varie avec le grossissement et reste donc juste et exploitable sur toute la plage de grossissement pour peu que la lunette soit correctement conçue et fabriquée. Il est reproché à ce type de montage le fait que le réticule devient très épais à fort grossissement, et masque donc la cible à grande distance. Ce qui dépend bien sûr de l’épaisseur de traçage et donc du choix de la lunette à la base. 

C’est bien entendu le seul mode de fonctionnement adapté au mildot, de notre point de vue.



Conclusion :


Le choix d’une lunette dépend donc du type de tir pratiqué et du calibre de l’arme à équiper, mais aussi et surtout de la fréquence d’utilisation.


Un tireur pratiquant de temps en temps la .22LR à 50m pourra se satisfaire d’une lunette peu exigeante dont la mécanique sera peu sollicitée, mais dès lors que la distance s’allongera ou que le calibre deviendra important, il faudra plutôt privilégier la qualité plutôt que la performance « chiffrée » d’une lunette. Quitte à commencer par un grossissement fixe qui sera plus stable et solide.

Le plus important restant de bien cibler ses besoins pour éviter l’acquisition d’un matériel inadapté qui se révélera un investissement inutile. Le choix final d’une lunette doit bien sûr également être cohérent avec l’arme et le montage.



YD

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